Lord Foster est le nom sous lequel on désigne Norman Foster, architecte britannique né en 1935 près de Manchester. Anobli en 1999 sous le titre de Baron Foster of Thames Bank, il a fondé l’agence Foster + Partners, devenue l’une des plus influentes de la planète. La requête cache donc une question simple : qui est cet homme, que construit-il, et pourquoi son nom revient-il dès qu’on évoque l’architecture contemporaine ? Voici le portrait, du quartier ouvrier de Reddish aux plus grands chantiers internationaux.
Lord Foster, l’essentiel : Norman Robert Foster, né le 1er juin 1935 à Reddish, dans le Grand Manchester. Architecte et designer britannique, fondateur de l’agence Foster + Partners en 1967. Anobli en 1990, puis fait pair à vie en 1999 sous le titre de Baron Foster of Thames Bank. Lauréat du prix Pritzker en 1999 et de la Royal Gold Medal du RIBA en 1983. Signature : architecture high-tech, structures d’acier et de verre, recherche systématique de la lumière naturelle.
Lord Foster of Thames Bank : d’où vient ce titre de noblesse ?
Le mot Lord n’est ni un pseudonyme ni une formule inventée par les journalistes. Norman Foster a d’abord été anobli en 1990 par la reine Élisabeth II, ce qui lui a donné le droit de porter le titre de Sir. En 1999, il a été élevé à la pairie à vie, une distinction rare qui permet de siéger à la Chambre des lords. Sa titulature complète est Baron Foster of Thames Bank, of Reddish in the County of Greater Manchester.
La mention de la Tamise (Thames Bank) rappelle son ancrage londonien, tandis que Reddish renvoie à sa ville de naissance. Dans la presse et dans le milieu de l’architecture, cette titulature s’est contractée en Lord Foster. Il faut donc comprendre que Lord Foster, Norman Foster et Sir Norman Foster désignent une seule et même personne. La confusion est fréquente, car les trois appellations circulent selon les époques et les contextes éditoriaux.
Biographie de Norman Foster : formation et débuts d’un architecte
Norman Robert Foster naît le 1er juin 1935 à Reddish, une localité ouvrière rattachée aujourd’hui à Stockport, dans le Grand Manchester. Fils d’un employé de dépôt et d’une mère travaillant en boulangerie, il quitte l’école à seize ans et enchaîne les petits emplois, notamment au service du planning de la ville de Manchester. C’est là qu’il découvre l’architecture, presque par hasard, en feuilletant des dossiers municipaux.
Il intègre ensuite l’école d’architecture de l’université de Manchester, puis obtient une bourse qui le conduit à Yale, aux États-Unis. Sur le campus américain, il croise Richard Rogers, avec qui il fonde le collectif Team 4 aux côtés de Su Brumwell et Wendy Cheesman. Le groupe se sépare en 1967, année où Foster crée sa propre structure, Foster Associates, qui deviendra Foster + Partners. Wendy Cheesman, devenue Wendy Foster, figure parmi les associés fondateurs.
Les premières années sont celles d’un atelier modeste qui cherche sa voie entre maisons privées et petits équipements. La reconnaissance arrive avec le bâtiment de la Willis Faber and Dumas à Ipswich, en 1975, dont la façade de verre moulé et la piscine installée sur le toit font sensation. À partir de là, la trajectoire s’accélère, portée par une méthode de travail fondée sur l’ingénierie, le prototypage et le dialogue constant avec les industriels.
Les projets emblématiques de Lord Foster
Difficile de résumer une production aussi vaste. L’agence a livré des centaines de bâtiments sur les cinq continents, du musée au stade, de l’aéroport à la passerelle piétonne. Le tableau ci-dessous rassemble les réalisations les plus citées, celles qui reviennent systématiquement quand on cherche à mesurer l’ampleur du personnage.
| Projet | Lieu | Livraison | Ce qui le rend notable |
|---|---|---|---|
| Willis Faber and Dumas | Ipswich, Royaume-Uni | 1975 | Façade de verre moulé et piscine sur le toit |
| Centre Sainsbury pour les arts visuels | Norwich, Royaume-Uni | 1978 | Structure apparente et toit suspendu |
| Siège de la Hongkong and Shanghai Bank | Hong Kong | 1986 | Gratte-ciel à structure portante extérieure |
| Aéroport de Londres Stansted | Londres, Royaume-Uni | 1991 | Terminal en verre et acier sous un toit flottant |
| Rénovation du Reichstag | Berlin, Allemagne | 1999 | Coupole de verre et lumière naturelle |
| Millennium Bridge | Londres, Royaume-Uni | 2000 | Passerelle piétonne sur la Tamise |
| 30 St Mary Axe | Londres, Royaume-Uni | 2004 | Tour en spirale surnommée le Gherkin |
| Viaduc de Millau | Aveyron, France | 2004 | Pont à haubans parmi les plus hauts du monde |
| Apple Park | Cupertino, États-Unis | 2017 | Campus circulaire à anneau de verre |
| Bloomberg European Headquarters | Londres, Royaume-Uni | 2017 | Prix Stirling 2018 et bilan carbone maîtrisé |
La rénovation du Reichstag montre d’ailleurs que Lord Foster n’a jamais opposé construction neuve et réhabilitation. À une tout autre échelle, un chantier domestique comme le Coffrage pour moderniser une cheminée obéit à la même logique : comprendre l’existant avant de le transformer, plutôt que de tout remplacer.
Distinctions et reconnaissance internationale
La liste des honneurs reçus par Norman Foster est longue, et elle explique en partie l’épaisseur du personnage dans les moteurs de recherche. Dès 1983, le Royal Institute of British Architects lui décerne sa Royal Gold Medal, l’une des plus anciennes récompenses d’architecture au monde. En 1988, il remporte la première édition du prix Mies van der Rohe décerné par l’Union européenne. L’American Institute of Architects lui attribue sa Gold Medal en 1994.
Suivent l’Order of Merit en 1997, puis le prix Pritzker en 1999, souvent présenté comme le Nobel de l’architecture. La même année, il entre à la Chambre des lords. Le Praemium Imperiale japonais lui est remis en 2002 et le prix Prince des Asturies des arts en 2009. Côté britannique, le prix Stirling a récompensé son travail à trois reprises, pour l’American Air Museum, pour la tour du 30 St Mary Axe et pour le siège européen de Bloomberg.
À cela s’ajoutent des dizaines de doctorats honorifiques, des médailles d’académies nationales et des titres de membre honoraire dans de nombreuses institutions. Cette accumulation ne relève pas de la simple décoration : elle a construit, année après année, une autorité qui pèse lourd dans les concours et les appels d’offres internationaux.
Le style architectural de Lord Foster : high-tech, lumière et structure
On résume souvent l’oeuvre de Norman Foster à un mot : high-tech. Le raccourci est commode, mais il masque une démarche plus large. L’architecte cherche d’abord à rendre visible ce qui, d’habitude, se cache : la structure, les flux, les réseaux. Chez lui, les poteaux, les poutres et les câbles ne sont pas habillés, ils sont montrés, parfois poussés à l’extérieur du volume pour libérer l’espace intérieur.
Le verre occupe une place centrale. Il sert à faire entrer la lumière, à effacer la frontière entre dedans et dehors et à donner aux bâtiments une légèreté qui contredit leur masse réelle. La tour du 30 St Mary Axe, avec sa résille en diagonale et sa forme en spirale, en est l’illustration la plus connue. Le terminal de Stansted, avec son toit flottant et ses arbres porteurs, en constitue une autre, plus discrète mais tout aussi pédagogique.
Vient enfin la question de l’usage. Foster conçoit des bâtiments flexibles, capables d’accueillir des fonctions différentes sans être reconstruits. Cette préoccupation, née dans les années 1970, a pris un tour nouveau avec les exigences environnementales. Consommation d’énergie, ventilation naturelle, matériaux recyclables : l’agence a intégré ces paramètres bien avant qu’ils ne deviennent une obligation réglementaire, ce qui lui permet aujourd’hui de revendiquer une forme de cohérence entre discours et pratique.
Héritage et influence de Lord Foster sur l’architecture contemporaine
Peu d’architectes ont autant marqué leur époque. Lord Foster a contribué à faire passer le modernisme d’une promesse théorique à une pratique industrielle, capable de produire des aéroports, des gratte-ciel et des musées à très grande échelle. Sa manière de traiter la structure comme un élément expressif a essaimé chez toute une génération, bien au-delà de son propre atelier.
Son influence se lit aussi dans les institutions. La Norman Foster Foundation, créée en 2017 à Madrid, soutient la recherche et la formation de jeunes concepteurs. Les anciens de Foster + Partners ont essaimé dans le monde entier, fondant leurs propres agences et diffusant une culture du détail technique. Sa trajectoire personnelle, celle d’un adolescent de Reddish devenu pair du royaume, nourrit un récit qui dépasse largement le cercle des professionnels. L’engouement pour les figures créatives ne se dément pas, comme le montre l’intérêt du public pour des portraits tels que celui de Mazarine Pingeot.
Reste une question ouverte : celle de la place de l’architecture dans la culture populaire. Un viaduc, une coupole, une tour en forme de concombre deviennent des repères collectifs, presque des personnages. C’est sans doute là que réside l’héritage le plus solide de Lord Foster. Pour explorer d’autres dossiers de la rédaction, une recherche site:www.grandes-marches.com donne un aperçu des sujets traités, du patrimoine aux arts de vivre.
Pourquoi Norman Foster est-il appelé Lord Foster ?
Parce qu’il a été anobli en 1990, ce qui lui vaut le titre de Sir, puis élevé à la pairie à vie en 1999 sous le nom de Baron Foster of Thames Bank. La presse a contracté cette titulature en Lord Foster, une appellation aujourd’hui entrée dans l’usage courant.
Quel est le style architectural de Lord Foster ?
Une architecture dite high-tech, où la structure en acier et en verre reste visible, où la lumière naturelle structure les volumes et où les espaces sont pensés pour rester flexibles. S’y ajoute, depuis les années 2000, une attention forte à la performance énergétique.
Quels sont les projets les plus célèbres de Lord Foster ?
Le siège de la Hongkong and Shanghai Bank, la rénovation du Reichstag à Berlin, le Millennium Bridge, la tour du 30 St Mary Axe à Londres, le viaduc de Millau en France et le campus Apple Park à Cupertino figurent parmi les réalisations les plus citées.
Quel prix prestigieux Norman Foster a-t-il reçu ?
Le prix Pritzker en 1999, considéré comme la plus haute distinction du métier. Il a aussi obtenu la Royal Gold Medal du RIBA en 1983, la Gold Medal de l’American Institute of Architects en 1994 et le prix Stirling à trois reprises.
Où se trouve le siège de Foster + Partners ?
À Londres, dans un studio aménagé du quartier de Battersea. L’agence dispose également de bureaux dans plusieurs grandes villes du monde, ce qui lui permet de suivre des chantiers sur plusieurs continents en parallèle.
